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ActualitéCabinet dentaire Dentalpéi · Saint-PierreLecture : 9 min

Une poudre noire étalée sur la brosse, un dentifrice ou un sérum violet présenté comme « correcteur de couleur » : ces produits « blanchissants » circulent beaucoup sur les réseaux sociaux. Avoir envie de dents plus claires est tout à fait naturel, et il est légitime d'être curieux. Que disent les études publiées ? Ce guide fait le point, sans jugement et sans citer de marque : ce qui est établi, ce qui reste à préciser, ce que prévoit la loi pour l'éclaircissement, et le geste de base recommandé par les autorités de santé.

L'essentiel en 30 secondes

  • Le charbon : une revue de 2017 concluait que les données ne permettaient pas d'étayer les allégations d'efficacité et de sécurité. Ses auteurs conseillaient la prudence.
  • Les produits violets : une revue de 2025 (6 études, dont 5 en laboratoire) mesure un changement de teinte modéré. La durée de l'effet reste peu documentée.
  • L'éclaircissement au peroxyde d'hydrogène au-delà de 0,1 % est réservé aux praticiens de l'art dentaire et ne doit pas être utilisé avant 18 ans.
  • Au quotidien, la base reste un dentifrice fluoré, au moins deux fois par jour.

En moins d'une minute : charbon et produits violets, ce que disent les études (motion design, information générale)

01Ce que l'on voit sur les réseaux

Sur les réseaux sociaux, deux familles de produits présentés comme « blanchissants » reviennent souvent :

  • les poudres et dentifrices au charbon, reconnaissables à leur couleur noire ;
  • les dentifrices, gels et sérums violets, présentés comme des « correcteurs de couleur ». Ceux qu'a étudiés la revue de 2025 présentée plus bas sont formulés sans peroxyde d'hydrogène, l'agent utilisé pour l'éclaircissement encadré par la loi.

Le phénomène n'est pas nouveau. Dès 2017, une équipe de chercheurs notait que la vente de dentifrices et de poudres au charbon s'était développée rapidement sur Internet. Elle a donc examiné ce que la littérature scientifique en disait.

Cet article ne vise ni les personnes qui ont essayé ces produits, ni celles qui les présentent en ligne. Il résume ce que disent deux revues scientifiques, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste à préciser. Aucune marque n'est citée : l'objectif est de comprendre, pas d'évaluer un produit en particulier.

Bol de poudre noire au charbon et brosse à dents en bambou sur fond bleu clair
Poudres et dentifrices au charbon : une tendance déjà étudiée en 2017.
Brosse à dents garnie d'un gel violet translucide sur fond bleu clair
Gels et sérums violets « correcteurs de couleur » : une revue leur a été consacrée en 2025.

02Le charbon : ce que dit la revue de 2017

La revue de la littérature de référence sur ce sujet a été publiée en 2017 dans le Journal of the American Dental Association (JADA) par Brooks, Bashirelahi et Reynolds.

Comment les auteurs ont travaillé

Ils ont interrogé deux grandes bases de données scientifiques, MEDLINE et Scopus, jusqu'en février 2017. Ils recherchaient en priorité des essais randomisés contrôlés, avec un suivi d'au moins trois mois. Ils ont aussi examiné les 50 premiers produits au charbon proposés sur deux grands sites de recherche et de vente en ligne.

Ce qu'ils ont trouvé

Sur 118 articles potentiellement pertinents, 13 études portaient sur le brossage au charbon ou à la suie, mais aucune ne remplissait les critères fixés par les auteurs. Leur conclusion : les données cliniques et de laboratoire étaient insuffisantes pour étayer les allégations d'efficacité et de sécurité de ces produits. Ils appelaient à des études plus larges et mieux conçues.

Leur conseil pratique s'adresse aux praticiens : recommander la prudence à leurs patients face aux produits au charbon dont l'efficacité et la sécurité ne sont pas prouvées.

Ce que cela signifie, et ce que cela ne signifie pas

« Pas prouvé » ne veut pas dire « prouvé inefficace », ni « prouvé nocif ». Cela signifie qu'au moment de cette revue, les études disponibles ne permettaient pas de conclure. Cette revue a été arrêtée en février 2017 ; des études de laboratoire ont été publiées depuis, et cet article ne les analyse pas. Nous nous en tenons donc à ce que l'on peut affirmer : une revue de 2017 concluait à des données insuffisantes, et ses auteurs conseillaient la prudence.

À retenirCharbon : efficacité et sécurité pas prouvées selon la revue de 2017, dont les auteurs conseillaient la prudence. Si vous vous posez la question, parlez-en à votre dentiste.

03Les produits violets : ce que dit la revue de 2025

Les produits violets sont plus récents. En juillet 2025, une revue systématique publiée dans le Dentistry Journal (Boruga et al.) a rassemblé les études consacrées aux « correcteurs de couleur » sans peroxyde d'hydrogène, chez les adolescents et les jeunes adultes.

Ce qui a été étudié

Les auteurs ont retenu 6 études : 1 essai clinique mené auprès de 60 personnes et 5 études en laboratoire, portant sur 20 à 80 échantillons. Elles concernent des sérums et des gels à pigment violet, de concentrations différentes. Les méthodes, les produits et les mesures variaient trop pour être regroupés dans un calcul commun (méta-analyse) : les auteurs ont donc réalisé une synthèse descriptive.

Ce qui a été mesuré

La couleur des dents se mesure avec des instruments, sous la forme d'un écart de couleur appelé ΔE00. Dans les études retenues, le changement moyen allait de 2,8 à 3,5. C'est un peu au-dessus du seuil à partir duquel une différence devient perceptible (2,7), et proche du seuil jugé cliniquement acceptable (3,3). C'est moins que ce qui est rapporté avec le peroxyde de carbamide, un agent d'éclaircissement (jusqu'à 8,9).

Côté tolérance, les auteurs n'ont pas observé d'érosion significative de l'émail, et moins de 3 % des participants ont signalé une sensibilité.

La conclusion des auteurs, et les questions ouvertes

Les auteurs présentent ces produits comme une option à l'effet modéré, qu'ils jugent sûre pour les jeunes. C'est leur conclusion, et il est juste de la rapporter telle quelle.

Plusieurs questions restent ouvertes. Le corpus compte six études, dont cinq en laboratoire et un seul essai clinique, et les données portent surtout sur le court terme. La durée de l'effet dans le temps et un usage prolongé restent donc peu documentés.

Gros plan de dents naturelles d'adulte et de gencives roses, lèvres entrouvertes
Une teinte naturelle : dans les études, les variations de couleur se mesurent avec des instruments.
À retenirViolet : un changement de teinte modéré a été mesuré, surtout en laboratoire et sur une courte durée. Ces produits sont formulés sans peroxyde d'hydrogène, ce qui les distingue de l'éclaircissement encadré.

04Le point en un tableau

ProduitCe que disent les sourcesCe qui reste à préciser
Poudres et dentifrices au charbonRevue JADA 2017 : données cliniques et de laboratoire insuffisantes pour étayer les allégations d'efficacité et de sécurité ; prudence conseillée par les auteurs.Revue arrêtée en février 2017 ; les auteurs appelaient à des études plus larges et mieux conçues.
Dentifrices, gels et sérums violetsRevue Dent J 2025 : changement de teinte moyen de 2,8 à 3,5 (ΔE00), moindre qu'avec le peroxyde de carbamide ; pas d'érosion significative de l'émail observée ; sensibilité chez moins de 3 % des participants.6 études, dont 5 en laboratoire ; données surtout de court terme ; durée de l'effet peu documentée.
Éclaircissement au peroxyde d'hydrogène au-delà de 0,1 %Directive 2011/84/UE : réservé aux praticiens de l'art dentaire, pas avant 18 ans, examen clinique préalable.Le résultat varie selon chaque personne ; détails dans notre article dédié.

05L'éclaircissement : ce que prévoit la loi

L'éclaircissement à base de peroxyde d'hydrogène est encadré par la réglementation européenne. Selon la directive 2011/84/UE, dont les règles figurent aujourd'hui dans le règlement européen sur les produits cosmétiques :

  • les produits pour la bouche, dentifrices compris, peuvent contenir jusqu'à 0,1 % de peroxyde d'hydrogène ;
  • au-delà de 0,1 % (et jusqu'à 6 %), les produits d'éclaircissement sont réservés aux praticiens de l'art dentaire ;
  • ils ne doivent pas être utilisés avant 18 ans ;
  • un examen clinique préalable doit écarter les facteurs de risque.

Ce cadre explique pourquoi l'éclaircissement passe par un examen chez le dentiste. Pour le détail de ce qui est autorisé et des précautions à connaître, consultez notre article sur le blanchiment dentaire autorisé et ses précautions, ainsi que notre page blanchiment dentaire.

06Le fluor, le geste de base

Quel que soit le produit que l'on teste par ailleurs, les autorités de santé s'accordent sur un geste de base : le brossage avec un dentifrice fluoré.

  • L'Assurance Maladie recommande de se brosser les dents au moins deux fois par jour, après le petit-déjeuner et avant de se coucher, avec un dentifrice fluoré adapté à l'âge (1 500 ppm pour un adulte).
  • L'Organisation mondiale de la santé rappelle qu'une exposition suffisante au fluor est un facteur essentiel de prévention des caries. Elle encourage le brossage deux fois par jour avec un dentifrice dosé de 1 000 à 1 500 ppm de fluor.
  • L'UFSBD explique que le fluor renforce l'émail et le rend moins sensible aux attaques acides : il freine la déminéralisation et favorise la reminéralisation.
Coupe 3D d'une molaire montrant l'émail, la dentine, la pulpe, la gencive et l'os
L'émail, couche externe de la dent : le fluor contribue à le rendre moins sensible aux attaques acides.

En pratique, si vous utilisez un produit présenté comme « blanchissant », vérifiez sur l'emballage s'il contient du fluor. S'il n'en contient pas, votre dentifrice fluoré garde toute sa place dans la routine quotidienne.

À retenirUn dentifrice fluoré adapté à l'âge, au moins deux fois par jour : c'est la base recommandée par l'Assurance Maladie et l'OMS.

07L'éclaircissement chez Dentalpéi

Si vous souhaitez des dents plus claires, l'éclaircissement encadré se discute avec votre dentiste. Voici comment il se déroule au cabinet Dentalpéi :

  1. Examen et détartrage : l'examen clinique préalable, prévu par la réglementation, permet de vérifier que l'éclaircissement est envisageable pour vous.
  2. Photographies de la teinte : elles servent uniquement au suivi au cabinet et ne sont jamais publiées.
  3. Empreinte des arcades dentaires.
  4. Gouttières sur mesure, réalisées par le laboratoire de prothèse à partir de l'empreinte.
  5. Remise au cabinet des gouttières et des produits, avec une explication détaillée du protocole.
  6. Traitement à domicile avec les gouttières, suivi par le cabinet.
Paire de gouttières dentaires transparentes sur mesure posées sur un fond bleu clair
Des gouttières transparentes réalisées sur mesure par le laboratoire de prothèse.

Le résultat varie selon chaque personne et ne peut pas être garanti à l'avance. Le tarif est précisé sur devis, après l'examen. L'éclaircissement n'est jamais une obligation : c'est un choix personnel, que vous pouvez prendre le temps de discuter. Plus d'informations sur notre page blanchiment dentaire.

08Questions fréquentes

Le charbon blanchit-il les dents ?

Ce n'est pas prouvé. La revue de la littérature publiée en 2017 dans le JADA concluait que les données cliniques et de laboratoire ne suffisaient pas à étayer les allégations d'efficacité et de sécurité des produits au charbon. Ses auteurs conseillaient la prudence et appelaient à des études plus larges.

Les produits violets éclaircissent-ils vraiment les dents ?

La revue de 2025 rapporte un changement de teinte moyen un peu au-dessus du seuil de perception, plus faible qu'avec le peroxyde de carbamide. Ces données proviennent surtout d'études en laboratoire et de court terme : la durée de l'effet reste peu documentée.

J'ai déjà essayé l'un de ces produits : que faire ?

Il n'y a aucune raison de culpabiliser : ces produits sont en vente libre et très présents en ligne. Si vous remarquez une sensibilité ou si vous avez une question, parlez-en à votre dentiste lors de votre prochain contrôle.

Peut-on éclaircir ses dents avant 18 ans ?

Les produits d'éclaircissement contenant plus de 0,1 % de peroxyde d'hydrogène ne doivent pas être utilisés avant 18 ans (directive 2011/84/UE). Pour toute question sur la teinte des dents d'un adolescent, parlez-en à votre dentiste.

Les dentifrices blanchissants abîment-ils l'émail ?

La fiche conseil de l'UFSBD explique que plus les particules qui polissent la dent sont grosses, plus un dentifrice est abrasif, ce qui peut abîmer l'émail. Elle précise que ces particules sont en général plus concentrées dans les dentifrices blanchissants. Si vous en utilisez un régulièrement, demandez conseil à votre dentiste.

Un produit « blanchissant » peut-il remplacer mon dentifrice fluoré ?

Le point clé est la présence de fluor. L'Assurance Maladie recommande un dentifrice fluoré adapté à l'âge, au moins deux fois par jour. Vérifiez la composition du produit et, en cas de doute, demandez conseil à votre dentiste.

Une question sur la teinte de vos dents ?

Un examen permet de faire le point sur vos dents et sur les options adaptées à votre situation.

Prendre rendez-vous

Information générale : cet article ne remplace pas une consultation. Seul un examen clinique permet d'évaluer votre situation. Aucune marque ni aucun produit commercial n'est cité ou représenté. Illustrations : images de synthèse à visée pédagogique.

Sources

Blanchiment · Cabinet Dentalpéi

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Dr Alban Michel
Dr Alban Michel
Chirurgien-dentiste

Chirurgie dentaire, implantologie, parodontologie et esthétique dentaire. Diplômé de l'Université libre de Bruxelles (2018), CES d'implantologie orale.

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